La France est en eux- Plusqu’en moi

juillet 25, 2008

J’ai quitté la france Il y a un peu moins de 10 ans, et presque à chaque fois que j’observe l’évolution des choses, je me rend compte que je n’ai plus rien a voir avec ce pays. ça peut paraître bête de le dire mais j’ai plus en commun avec un Tchèque ou un Polonais, ou même un Sud-Américain blanc qu’avec les habitants de ce pays, quelque soit leur couleur et origine. Je ne me reconnais pas dans les Mohammed, Jeniffer et Kevin qui peuplent ce pays. Bien sûr, j’ai toujours la nationalité Française, mais qu’est-ce que cela représente à l’heure où à peu près n’importe qui peut l’obtenir. 

Pour moi, la France, ce n’est pas les descendants d’Averroès et Césaire,  je n’y peux rien, c’est ainsi, La France, à mes yeux, c’est 1500 d’histoire, Clovis, Charlemagne, Louis IX, Philippe Le Bel, Louis XIV, La Révolution Française, la Chouannerie, Alexandre Dumas, Napoléon et tant d’autres…

Pour eux, rappeler que la France est une vieille nation est tout d’abord une insulte, il leur est absolument insupportable de penser qu’il y avait quelque chose de tangible, et qui a traversé les siècles jusqu’a nous, et qui constitue un patrimoine que nous avons le devoir de conserver.

Pour eux l’histoire de France commence au mieux au 19ème siècle, avec la colonisation, le péché originel dont tout découle, puis les tirailleurs Sénégalais, Indigènes de la République, reconstruction de l’après guerre… par le biais du révisionisme historique (et oui, les statistiques ne mentent pas, elles, du moins, pas d’elles mêmes), il s’agit de s’approprier un pan de l’histoire.

On peut très bien comprendre le besoin d’avoir une pierre d’assise à sa propre histoire, et pour l’immigrant, il est beaucoup plus valorisant d’affirmer que ses “ancêtres” ont “délivrés” la France, plutôt que de reconnaître que ses propres origines sont celles d’habitant d’états barbares, soumis à l’empire Ottoman et dont la principale activité économique était la piraterie et le trafique d’esclave.

Cela dit, ce passé réécrit n’existe pas seulement dans cette sphère, l’objectif principal n’est pas de redorer un blason terne, mais bien de saper les fondations d’un peuple, faire table rase pour instiguer un nouveau projet de société. Et quelle meilleure façon de le faire qu’en enlevant à la France son caractère historique, ses 1500 ans d’histoire, pour n’en faire plus qu’une nation de valeurs : anticolonialisme, combat ouvrier et compagnie… 

Ainsi, on a une France castrée, une France sommée de se mettre au diapason de l’idéologue qui fait le plus de bruit. Le tout dans une perspective visant  à créer un pays plus équitable pour “les jeunes de banlieues” (au fait ils en ont pas marre, les JdB de se faire manipuler depuis bientot 30 ans?), un pays ou tout serait égal, surtout l’histoire de nos ancêtres, chacun méritant respect et déférence. Le but a moyen terme étant de mettre côte à côte et sans heurts un petit noir “descendant des tirailleurs sénégalais et Césaire”, un petit arabe “descendant d’Averroès et l’Islam des Lumières” et un petit français “descendant de Voltaire et du combat ouvrier”.

Et on n’est pas surpris de voir qu’encore une fois c’est la gauche qui s’approprie l’initiative d’implémenter ce “projet de société” en suscitant ce type de courant.

Le problème, c’est que ça n’est ni plus ni moins que du constructivisme, de la falsification et une réécriture de l’Histoire. La seule façon d’intégrer qui ait fonctionné par le passé n’était pas de valoriser le passé de telle ou telle minorité, ceci étant un exercice solitaire qui n’a de valeur que s’il est entrepris par l’individu en quête de ses propres origines, mais bien de fournir à l’individu un corpus central, commun, dans lequel le nouvel arrivant aurait le devoir de s’inscrire. C’est aujourd’hui tout le contraire qui a lieu, et les véléités identitaires qu’elles soient africaines, arabes ou européenes deviennent l’alternative à la vision idéologique d’une société équilibrée que l’on nous sert à toutes les sauces.

Sur ce terreau infertile, rien ne poussera, le projet finira par sauter à la figure des ingénieurs sociaux qui en sont les architectes et les mêmes qui appellent aujourd’hui les JdB à voter car “la France est en eux”, appelleront demain l’armée à patrouiller les rues de leurs petites communes mises à feu et à sang dans les émeutes raciales, comme ils l’ont déjà fait en Novembre 2005.

En Bref, ça donne ça (Via Paul Debedeux):

Les paroles de cette chanson sont issues du texte de la contribution « La France est en nous », rédigée par Bariza KHIARI et Fayçal DOUHANE soutenue par un millier de militants et responsables politiques dans le cadre du congrès du Parti Socialiste qui se tiendra à Reims du 14 au 16 novembre 2008. L’artiste interprète auteur de la composition musicale est Weeta. 

2 réponses vers “La France est en eux- Plusqu’en moi”

  1. Hussard82 a dit :

    ce qui me permet au passage de découvrir votre blog “éclairé” des vrais lumières. merci pour lui.


  2. [...] une petite conne de bourgeoise toute molle avant mes 19 ans. Moi aussi, j’étais comme ces gens dont parle Enoch, qui pensent que la France a commencé au XIXe siècle. Même si mon blog est plus consacré au [...]


Laisser un commentaire